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Article paru sur www.focusfi.fr, "L’expérience d’un trésorier face à la crise financière actuelle" PDF
Le 17 juin dernier, l’éditeur de logiciels applicatifs, Kyriba, en collaboration avec la DFCG et Deloitte, a organisé une Webconférence intitulée « pourquoi la gestion du cash est-elle devenue aussi stratégique pour l’entreprise ? ». Lors de cet évènement, Pierre Flament, trésorier du groupe Le Monde, s’est exprimé au sujet de la crise de financement des entreprises.

Par Audrey Corcos, site www.focusfi.fr , site des services financiers et comptables de l’entreprise.


Entretien avec Pierre Flament :

Audrey Corcos - Le rationnement du crédit est-il une réalité ?

Pierre Flament : "Oui pour deux raisons. Le crédit est à la fois plus difficile à obtenir par la plupart des entreprises mais il est également plus cher. Les études menées par l’AFTE corroborent cette réalité. Les banques se refinançant entre elles au taux de 5% au lieu des 4% fixés par la BCE, elles répercutent cette hausse sur les conditions d’octroi aux sociétés. Par conséquent, depuis la crise des « subprimes » de l’été dernier, de nombreuses entreprises ne peuvent apporter de garanties suffisantes à leurs partenaires bancaires et connaissent un assèchement de leurs financements « haut de bilan »."

AC - Dans ce contexte, comment doivent réagir les entreprises ?
PF : Elles doivent trouver d’autres moyens de financer leur exploitation et leurs investissements.
Pour cela elles doivent agir à deux niveaux : sur leur besoin en fonds de roulement (BFR), en veillant à le réduire, et en optimisant la gestion de leurs flux grâce à l’utilisation d’un progiciel de trésorerie.

AC - Quelles sont les solutions pour diminuer le BFR ?
PF : Des actions peuvent être menées sur trois postes du bilan de l’entreprise : les créances clients, la dette fournisseurs et les stocks. La gestion des clients est particulièrement importante si on considère une étude récente de la Sofrès qui indique que 38% des PME sont victimes de retards de paiement. Ce taux monte à 42% pour les entreprises de moins de 50 salariés. Il est donc nécessaire d’optimiser les modes et délais de règlement.
A cela doit s’ajouter un suivi des balances AG impliquant des relances automatiques, un blocage des commandes en cas d’incident de paiement et de dépassement d’encours autorisé.
Enfin, le financement par cession de créances est essentiel, permettant à l’entreprise d’obtenir des liquidités. L’entreprise peut recourir, entre autres, à la cession Dailly, à l’affacturage notifié ou non, au rechargement de balance.

Concernant le poste fournisseurs, une politique d’achats centralisés (au niveau du groupe ou à travers un groupement en GIE pour les PME) permettra à l’entreprise de renforcer son pouvoir de négociation. Elle pourra alors obtenir des conditions plus intéressantes en termes de délais de règlement et de dégressivité des coûts.
De la même façon que pour les clients, l’entreprise peut céder ses factures fournisseurs à un factor pour améliorer sa liquidité.

Enfin, une gestion optimale des stocks doit agir sur l’optimisation du taux de service, le niveau des stocks (à flux tendus) et leurs qualités.

AC - Quels sont les avantages et inconvénients des différents modes de financement des créances clients ?
PF : Quatre types de financements des encours clients peuvent être identifiés :
• La mobilisation de créances classique ou mobilisation notifiée. Elle présente l’inconvénient majeur de faire connaître au marché vos difficultés financières.
• La mobilisation non notifiée est donc préférable. Néanmoins elle présente une difficulté, semblable à la mobilisation notifiée : une gestion mensuelle très lourde. Elle nécessite, en effet, de justifier ligne par ligne de la véracité des factures cédées au factor et des paiements réalisés par les clients.
• Le rechargement de balances est la solution que j’apprécie particulièrement. Il s’agit du financement de la dernière ligne de la balance AG. La gestion quotidienne est donc plus fluide alors que le coût est à peu près similaire à celui de l’affacturage notifié ou non.
• Enfin, la titrisation. Cette solution, qui implique des coûts de structuration très élevés, est réservée à de très grandes entreprises. Dans le contexte de marché actuel une mise en place simple n’est pas forcément aisée.

AC - Comment un logiciel de trésorerie permet-il d’optimiser la gestion des flux ?
PF : Un logiciel permet non seulement une meilleure maîtrise de la gestion à court terme des flux de décaissements et d’encaissements mais aussi la maximisation permanente de leur ajustement. Une adaptation de l’organisation est indispensable, qui fournira les outils nécessaires à la mise en place de ce logiciel.

AC - Des problématiques de confidentialité sont-elles apparues lorsque vous avez envisagé des solutions externalisées ?
PF : Nous avons dû effectivement faire face, il y deux ans, à ces questions au sein du groupe Le Monde. Les progiciels de trésorerie en solution SaaS (Software as a Service) suscitent beaucoup d’interrogations de la part des directions générales et informatiques concernant la sécurité des flux transitant entre la société de services et l’entreprise.
Néanmoins en considérant que la société produisant le logiciel contrôlait bien le sujet et que nous disposons d’un centre informatique qui se réduit de plus en plus, la solution Saas nous est apparue plus intéressante que celle du client serveur.

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