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"Le marché de la location d'applications en ligne a le vent en poupe" / "Kyriba gère les liquidités en ASP" Le modèle ASP, Application Service Provider, permet aux entreprises d'utiliser des logiciels à distance via Internet en s'affranchissant de l'installation et des mises à jour. De grandes entreprises ont déjà adopté ce type de solutions pour des activités importantes. ECONOMIE.NET
Utiliser un logiciel sans avoir besoin de l'installer ni le maintenir, quel que soit l'ordinateur utilisé, c'est ce que proposent les prestataires ASP, Application Service Provider. Un point commun : la gamme d'applications proposées est utilisable via un navigateur Internet. Si l'appellation "ASP" semble en perte de vitesse car trop connotée "bulle Internet", d'autres prennent le relais : "applications à la demande" ou "on demand", ou même "logiciel en tant que service", à partir de "Software as a service" - Saas, pour reprendre l'acronyme en vogue de l'autre côté de l'Atlantique. Le marché de la location d'applications en ligne se porte bien. Le cabinet d'étude IDC l'estime à 6,8 milliards de dollars au niveau mondial pour 2006, en progression de 23,6 %, après 31 % de hausse en 2005. Selon une étude du cabinet Gartner, réalisée fin 2005, un tiers des entreprises américaines interrogées utilisent désormais des applications en mode locatif. En France, il devrait atteindre 650 millions d'euros, selon les estimations du cabinet Markess. 
Les entreprises franchissent le pas : Alcatel Business System l'a adopté pour gérer ses forces de vente, Henkel ses ressources humaines ou Carrefour ses factures dématérialisées. L'éventail des offres est de plus en plus étendu, qu'il s'agisse des applications comme la gestion de la relation client ou des ressources humaines, mais aussi les ERP (progiciel de gestion intégré), dématérialisation de factures, outils de conception de produits, outil de gestion des liquidités, de la chaîne logistique, des achats, des appels d'offres... "Toute application est susceptible de passer en mode ASP", affirme Alain Rodermann, associé chez Sofinnova, une entreprise de capital-risque. Éric Harlé, président du directoire du fond d'investissement Source Gestion, est plus réservé : "Tous les logiciels ne seront pas commercialisés en mode ASP d'ici dix ans, ce n'est pas le modèle ultime. Je pense notamment aux ERP et aux outils de CAO (*)." Porté aux nues à la fin des années 90, le modèle avait suscité de nombreux doutes avec l'éclatement de la bulle Internet. Il s'était heurté à de nombreuses réticences de la part des entreprises, au premier rang desquelles les appréhensions quant à la sécurité des données hors du système d'information de l'entreprise, et la fiabilité technique. Facilité de déploiement et meilleure visibilité En cinq ans, les mentalités et, surtout, la technologie ont beaucoup évolué. La généralisation du haut débit et la baisse des coûts des liaisons de type IP VPN (réseau privé virtuel en protocole IP) ont facilité l'utilisation des applications hébergées et rassuré les utilisateurs inquiets quant à la sécurité de leur données. Ainsi le groupe PSA a-t-il confié, en avril 2005, à l'éditeur ASP Kyriba la gestion de sa trésorerie au niveau mondial, activité stratégique s'il en est. En outre, les qualités intrinsèques du modèle, proches des caractéristiques de l'externalisation, sont désormais mieux perçues : facilité de déploiement, mises à jours gérées automatiquement, meilleure visibilité au niveau des coûts... et souvent un meilleur service rendu (sécurité et accessibilités renforcées, sauvegardes automatiques). Le modèle ASP, indissociable de l'Internet, peut satisfaire de nouveaux besoins : site Web, extranet pour les clients ou les fournisseurs, travail collaboratif avec les partenaires, connections en mobilité. Il permet la création de nouvelles applications, difficilement imaginables autrement, comme les solutions de traçabilité ou d'e-procurement, autrement dit les achats sur les places de marché électroniques où se rencontrent clients et fournisseurs Christophe Quester (*) ERP : Entreprise Eesource Planning, progiciel de gestion intégré. CAO : conception assistée par ordinateur. Kyriba gère les liquidités en ASPGérer sa trésorerie et ses liquidités quand on possède des filiales aux quatre coins du monde, dans des fuseaux horaires différents, des devises différentes, des banques et des législations différentes... semble relever de l'exploit. "Aux États-Unis, la gestion du "cash” se fait encore principalement sur des tableaux Excel, et beaucoup de trésoriers de multinationales ne sont même pas capables de savoir combien leur groupe possède de comptes", affirme Didier Martin, président de Kyriba. Fondée en 2000 aux États-Unis, cette société proposait aux banques, en marque blanche, une plate-forme de gestion des flux financiers pour leurs clients. Après une divergence concernant la stratégie entre les actionnaires, Kyriba propose sa solution directement aux grands comptes. "Nous ne pouvions concevoir notre plate-forme autrement qu'en ASP, explique Didier Martin, car la gestion de trésorerie nécessite un traitement local en même temps qu'une centralisation des informations." Ainsi, la plate-forme de services de Kyriba se veut être un point d'entrée unique pour gérer les flux de trésorerie de ses clients grands groupes. Ses outils leur permettent d'avoir une idée précise de leurs liquidités, en rendant compte en quasi-temps réel des flux bancaires et en prenant compte les différences de fuseaux horaires, les dates de valeur des virements - et ce quelle que soit la devise. Derrière, Kyriba gère les relations avec les banques, en conformité avec les réglementations financières comme la loi de sécurité financière ou Sarbanes-Oxley. Son système est ainsi directement connecté à 250 établissements financiers, dont des groupements interbancaires, soit un total de 600 ou 700 banques. "Nous jouons un rôle de hub [élément central de connection dans un réseau en étoile, Ndlr]. Nous sommes quasiment dans un modèle de place de marché", souligne Didier Martin. La mutualisation sur une seule application gérée de manière centralisée permet donc de faire profiter à l'ensemble des clients des passerelles interbancaires réalisées pour chacun d'eux. "Au début, externaliser la gestion de leur trésorerie faisait peur aux entreprises, explique Didier Martin. Mais l'externalisation des services de paie existe depuis plus de vingt ans. Ce n'est dont pas tant une révolution des mentalités que cela", ajoute-t-il. Réellement commercialisée en 2004, l'offre ASP de Kyriba, hébergée par Atos, a séduit des grands comptes comme Havas, Geopost, PSA. Au total, la société compte près de 100 clients corporate en Europe et aux États-Unis. Frantz Grenier |