
Bâtir une prévision de trésorerie digne de confiance

Par Vincent Donnat
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La première question que posent généralement les équipes de trésorerie concerne la visibilité. Où en est la trésorerie aujourd'hui ? Quels sont les soldes ? Qu'est‑ce qui arrive d'ici la fin de la semaine ? Ce sont les bonnes questions pour commencer, et Kyriba est conçue pour y répondre efficacement. Nous traitons plus de 3,5 milliards de transactions. Une connectivité bancaire auprès de centaines d'institutions. La visibilité à court terme est un domaine dans lequel nous avons beaucoup investi, et cela se voit.
Ce que nous avons également construit ces dernières années, c'est l'étage supérieur : la méthode indirecte et la logique de modélisation nécessaires pour construire une prévision plutôt que de simplement en rendre compte. La FP&A est un univers vaste, et je ne prétendrai pas que la trésorerie dispose d'un chemin simple, universel, pour y entrer. Mais nous sommes clairement engagés sur cette voie. De plus en plus, les clients demandent comment passer des hypothèses de FP&A à l'impact cash, et c'est précisément là que la planification de liquidité doit se renforcer.
Mais voici ce que j'ai observé au cours de six années consacrées spécifiquement à la liquidité : les équipes qui maîtrisent le mieux les processus de trésorerie à court terme finissent par buter sur le même point de friction. Cela peut survenir après quelques semaines. Cela devient très évident dès que l'on aborde l'horizon de 13 semaines. Les données changent. Les sources changent. Le niveau de certitude change. Et bien souvent, le processus pour gérer tout cela n'a pas suivi.
Pourquoi la prévision de trésorerie à long terme diffère de la gestion de trésorerie à court terme
Plus l'horizon s'allonge, plus la prévision évolue. Vous ne vous appuyez plus uniquement sur les soldes bancaires, les transactions et les flux de trésorerie confirmés. Vous travaillez avec des données ERP, des factures ouvertes, des écritures comptables, des commandes en cours, des budgets de FP&A, des conditions de paiement, des hypothèses de planification et des règles métier.
Même entreprise, prévision très différente.
C'est pourquoi je décris la prévision de liquidité à long terme comme un exercice de construction, et non de reporting. La trésorerie ne fait pas qu'agréger ce qui existe déjà. L'équipe construit un modèle de ce qui est susceptible de se produire, fondé sur une logique qui doit être appliquée de manière cohérente à des milliers d'entrées.
Capacité |
Gestion de trésorerie |
Advanced Liquidity Planning |
|---|---|---|
Objectif principal |
Position de trésorerie du jour et visibilité à court terme |
Prévision et planification de liquidité à long terme |
Horizon temporel |
De quelques jours à quelques semaines |
De plusieurs mois jusqu'à 24 mois |
Principales données en entrée |
Soldes bancaires, transactions, flux de trésorerie à court terme |
Données ERP, factures, commandes ouvertes, budgets, hypothèses |
Valeur clé |
Visibilité et contrôle |
Construction de la prévision, scénarios, gestion des versions, aide à la décision |
Préparation à l'IA |
Contribue à établir des données connectées |
Fournit une logique gouvernée et une structure de planification pour une prévision guidée par l'IA |
Pourquoi la prévision de liquidité sous Excel atteint ses limites à l'échelle
Je veux être concret sur ce point, car « dire qu'Excel ne passe pas à l'échelle » est facile et rarement utile en soi.
Prenons la méthode de prévision directe. Vous avez des factures dans votre ERP. À partir de ces factures, vous pouvez déduire des encaissements et décaissements attendus. Cela paraît gérable. Puis vient la fiscalité. En Europe, cela signifie la TVA : extraite séparément de la valeur de la facture, calculée et positionnée au bon moment. Aux États‑Unis, vous gérez la taxe de vente, avec sa propre logique d'échéancier. Le flux de trésorerie lié à l'impôt n'atterrit pas à la même date que la facture. C'est un montant différent, positionné à un autre moment.
Ajoutez ensuite le côté AP (comptes fournisseurs). Vous connaissez peut‑être les dates d'échéance de vos factures. Mais vous contrôlez aussi le moment où vous payez réellement. Si votre entreprise effectue des campagnes de paiement fournisseurs le 15 de chaque mois, le décaissement effectif résulte de l'agrégation de toutes les factures dues sur cette période et du report de ce total à la date d'exécution du paiement. Ce n'est pas une simple formule. C'est un calcul séquencé.
On peut contourner cela dans Excel avec suffisamment d'onglets et d'expertise. J'ai entendu des équipes trésorerie décrire précisément comment elles s'y prennent, et je les crois. Mais un trésorier l'a dit très clairement : « Les trois à cinq prochaines années, nous avons un énorme pipeline de travail, et ce n'est pas tenable dans Excel. » Même quelqu'un de très ingénieux ne peut pas modéliser tout cela de manière cohérente, surtout à grande échelle, surtout lorsque le modèle est dans la tête d'une seule personne.
C'est là qu'il faut un moteur de calcul, pas une feuille de calcul.
Ce que fait Advanced Liquidity Planning
Lorsque nous avons conçu Advanced Liquidity Planning, l'objectif n'était pas de créer une meilleure vue de reporting. La trésorerie dispose déjà de nombreux endroits pour consulter des chiffres.
Le mot que j'emploie en interne est « espace de travail ». La planification de liquidité devient un espace de travail où la trésorerie dispose d'un ensemble croissant de capacités pour construire des prévisions : définir les règles, appliquer la logique métier, intégrer les factures, les commandes ouvertes, les budgets, les calendriers d'entreprise. Puis ramener ce plan construit dans la vue de cash management que les équipes utilisent et en laquelle elles ont déjà confiance au quotidien.
Ce cadrage est important car il change la finalité de l'outil. Il ne s'agit pas de voir plus de données. Il s'agit de construire quelque chose d'utile à partir des données que vous avez déjà.
Comment Unified Worksheet relie la trésorerie court terme et la planification de liquidité long terme
Le passage entre la gestion de trésorerie en temps réel et le plan long terme construit revenait constamment dans les échanges avec les clients, notamment pendant les mises en œuvre. Les équipes demandaient : comment faire la jonction ? Comment connecter ce que je fais en cash management avec ce que je construis en planification de liquidité ?
Unified Worksheet y répond. Nous traçons une ligne. D'un côté se trouve le monde de la prévision glissante : soldes mis à jour, transactions confirmées et flux de trésorerie à court terme. De l'autre, le monde de la planification fondée sur des versions : le plan de liquidité construit à partir des budgets, hypothèses, règles et modèles.
Unified Worksheet réunit les deux à une date de coupure, créant une vue unique d'aujourd'hui jusqu'aux 12 prochains mois et au‑delà. Un espace de travail, une histoire à présenter au CFO, au lieu d'assembler un rapport de position quotidienne, un fichier de prévision séparé et un extrait de budget pour appeler le tout une vue de liquidité.
Comment la modélisation alimente la prévision de liquidité à long terme
Une fois Unified Worksheet en place pour relier la gestion de trésorerie court terme à la planification de liquidité long terme, la modélisation alimente la vision plus lointaine. Pour une prévision à 13 semaines, cela peut signifier transformer les données AP et de facturation en flux de trésorerie attendus, appliquer les conditions de paiement, le calendrier fiscal, les campagnes de paiement et les règles de jours ouvrés.
Pour une prévision à 12 mois, cela peut consister à traduire un budget de compte de résultat (P&L) en flux de liquidité en appliquant des hypothèses de calendrier, la saisonnalité et la logique métier. Et lorsque la planification démarre dans une plateforme dédiée de FP&A, Kyriba peut connecter ce plan à la planification de liquidité plutôt que de demander à la trésorerie de le reconstruire ailleurs. Dans tous les cas, l'objectif est le même : transformer des données et des hypothèses métier en une prévision que la trésorerie peut gouverner, expliquer et en laquelle elle peut avoir confiance.
Pourquoi la prévision propulsée par l'IA exige d'abord une base de données solide
Nous avons annoncé notre solution Agentic AI lors de KyribaLive, et je suis sincèrement enthousiaste quant à sa trajectoire. En planification de liquidité, l'IA annonce déjà un virage pragmatique : utiliser les historiques de flux de trésorerie et de liquidité pour aider à générer des flux prévisionnels, tout en ancrant la prévision dans des sources de données configurées et une structure de planification.
Mais je vais dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas : l'IA ne viendra pas sauver un processus de prévision mal structuré. Si les hypothèses sont floues, si les règles sont enfouies dans des feuilles Excel, s'il n'y a ni historique de versions ni gouvernance, l'IA accélérera la confusion au lieu de la corriger.
Un trésorier a parfaitement formulé l'ambition : « Ce que j'aimerais, c'est que la personne qui fait la prévision soit le relecteur, avec l'IA comme moteur qui réalise effectivement la prévision. » C'est la direction que nous prenons. Mais cela exige d'abord une base solide. Advanced Liquidity Planning construit cette base. La prévision pilotée par l'IA se bâtit par‑dessus. C'est le bon ordre.
Des bases plus solides pour de meilleures décisions de liquidité
Pour moi, Advanced Liquidity Planning revient à une idée simple : la trésorerie devrait passer moins de temps à assembler la prévision et davantage de temps à l'exploiter. Lorsque les données, les règles, les hypothèses et les versions sont connectées, la prévision devient plus facile à expliquer et plus facile à croire. C'est ce qui donne à la trésorerie plus de confiance lorsque l'entreprise pose la question suivante.
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